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Une visualisation de données qui dit vrai : des graphiques pour les rapports de développement

Un guide pratique pour choisir le bon graphique, éviter les habitudes qui induisent le lecteur en erreur et rendre chaque graphique accessible.

  • Publié le10 octobre 2026
  • Temps de lecture7 min
  • ParTrueStory Africa
  • Sources7
  • Faits vérifiés10 octobre 2026

Partir du message, pas du graphique

Les rapports de développement regorgent de chiffres : taux de scolarisation, ménages touchés, budgets dépensés, cibles atteintes. Une bonne visualisation de données pour les ONG, les agences des Nations Unies et les ministères transforme ces chiffres en une information qu’un lecteur pressé comprend en quelques secondes. Une mauvaise visualisation produit l’effet inverse ou, pire, donne une fausse impression.

Avant d’ouvrir le moindre logiciel, écrivez une phrase qui dit ce que le graphique doit montrer. Par exemple : « La scolarisation a progressé dans tous les districts, mais plus rapidement dans la province de l’Est. » Cette phrase peut souvent devenir le titre. Le guide de la CEE-ONU sur la présentation des statistiques indique que le titre d’un graphique doit donner une idée claire de son sujet, et décrit aussi bien des titres qui énoncent la tendance principale que des titres qui précisent quoi, où et quand.1

Choisir le bon graphique selon votre question

Le choix du bon graphique part de la question que se pose le lecteur. S’agit-il d’une comparaison entre des lieux, d’une évolution dans le temps, d’un classement ou de la part d’un tout ? Le Visual Vocabulary du Financial Times, reproduit dans le guide de visualisation de données du portail européen de données, est un ensemble de types de graphiques classés selon les aspects des données que chacun montre le mieux.2 C’est une affiche utile à garder à portée de main de toute personne qui réalise des graphiques.

Dans la plupart des rapports de développement, quelques types de graphiques font presque tout le travail. Le guide de la CEE-ONU présente le graphique à barres comme le type de graphique le plus simple à tracer et à lire, et décrit le graphique linéaire comme un outil efficace pour montrer des tendances dans le temps.1 Il conseille également de trier les barres de la plus petite à la plus grande pour faciliter la comparaison, et note que le texte est plus facile à lire lorsque les barres sont horizontales.1

  • Comparer des districts, des programmes ou des pays : un graphique à barres horizontales trié
  • Montrer une évolution sur plusieurs années : un graphique linéaire
  • Montrer la part d’un tout : une seule barre ou un simple pourcentage, souvent plus clairs qu’un graphique circulaire
  • Montrer où un phénomène se produit : une carte, mais seulement lorsque la localisation est l’essentiel

Un graphique est une affirmation sur les données : assurez-vous que les données peuvent la soutenir.

Point clé

Utiliser les graphiques circulaires avec parcimonie

Les graphiques circulaires sont très répandus dans les rapports annuels, mais ils sont difficiles à lire lorsque les secteurs sont de taille similaire. Selon le guide de la CEE-ONU, un graphique circulaire peut montrer la répartition en pourcentage d’une variable, mais seulement pour un petit nombre de catégories, généralement six au maximum, et le guide ajoute que de nombreux statisticiens déconseillent ce type de graphique.1

Si vous devez montrer la répartition d’un budget entre huit lignes budgétaires, un graphique à barres trié, avec les pourcentages inscrits sur chaque barre, sera presque toujours plus facile à lire. Réservez les graphiques circulaires à un message unique et simple, comme une part importante face à tout le reste.

Comment les graphiques trompent, et comment l’éviter

La plupart des graphiques trompeurs ne le sont pas délibérément. Ils résultent des réglages par défaut des logiciels ou de l’envie de faire paraître plus grand un petit changement. Le problème le plus courant est un graphique à barres ou à colonnes dont l’axe ne commence pas à zéro. Datawrapper, un outil très utilisé par les rédactions, considère les axes des ordonnées tronqués dans les graphiques à colonnes et à barres comme fallacieux et trompeurs, et ne permet pas de les faire commencer au-dessus de zéro.3 L’Office for National Statistics (ONS) du Royaume-Uni arrive à la même conclusion : les graphiques à barres doivent toujours inclure le zéro, car les lecteurs comparent la longueur des barres.4

Il en va autrement des graphiques linéaires. Datawrapper note que, comme les diagrammes à points, les graphiques linéaires peuvent commencer à zéro, sans que ce soit obligatoire.3 Si l’échelle d’un graphique linéaire ne commence pas à zéro, le guide de la CEE-ONU recommande de le signaler visuellement, par exemple au moyen d’une ligne en zigzag ou d’une coupure de l’axe.1

Deux autres habitudes appellent la prudence. Selon le guide de la CEE-ONU, les graphiques en trois dimensions apportent rarement une valeur ajoutée et déroutent souvent les lecteurs, et les doubles axes des ordonnées risquent de semer la confusion.1 Si deux mesures vont réellement ensemble, deux petits graphiques placés côte à côte et partageant le même axe temporel sont généralement plus faciles à lire qu’un seul graphique à deux échelles.

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Donner aux lecteurs le contexte nécessaire pour se fier aux chiffres

Un graphique sans contexte invite à tirer la mauvaise conclusion. Précisez ce que les chiffres dénombrent, sur quelle période et pour quelle population. Lorsque la taille des groupes varie fortement, présentez des taux ou des pourcentages en plus des valeurs brutes, afin qu’un grand district ne paraisse pas meilleur ou moins bon simplement parce qu’il est grand.

Le guide de la CEE-ONU indique que la source des données doit figurer en bas du graphique et que des notes de bas de page peuvent expliquer les définitions ou les méthodes.1 Il recommande aussi d’utiliser, chaque fois que possible, des étiquettes de données plutôt qu’une légende, et avertit que les éléments graphiques qui ne montrent rien des données rendent un graphique moins lisible.1 Dans notre propre pratique, nous constatons que supprimer le quadrillage, les ombres et les icônes décoratives améliore souvent davantage la clarté que n’importe quel changement de couleur.

Rendre chaque graphique accessible

De nombreux lecteurs perçoivent les couleurs différemment, utilisent un lecteur d’écran ou lisent les rapports sur le petit écran d’un téléphone. Les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (WCAG) s’appliquent aux graphiques autant qu’au texte. Le critère de succès 1.4.1 précise que la couleur ne doit pas être le seul moyen visuel de véhiculer de l’information.5 Concrètement, il s’agit d’étiqueter directement les courbes ou d’ajouter des motifs ou des marqueurs, plutôt que de s’en remettre uniquement à une légende de couleurs.

Le critère de succès 1.4.11 exige que les éléments graphiques nécessaires à la compréhension du contenu, comme les courbes d’un graphique ou les contours des secteurs d’un graphique circulaire, présentent un rapport de contraste d’au moins 3:1 avec les couleurs adjacentes.6 Pour les graphiques publiés en ligne, le tutoriel du W3C sur les images traite les graphiques et diagrammes comme des images complexes qui nécessitent une alternative textuelle en deux parties : une description courte qui identifie le graphique et une description plus longue, qui peut comprendre un tableau de données.7

Intégrer les graphiques au processus d’établissement des rapports

Il est plus facile de produire des graphiques honnêtes lorsqu’ils sont prévus tôt. Convenez d’un petit ensemble de styles de graphiques pour tout le rapport, avec des couleurs fixes pour chaque programme ou région, afin que les lecteurs n’aient pas à réapprendre la légende à chaque page. Demandez à la personne responsable des données de vérifier chaque graphique avant la validation finale de la conception, en particulier les axes, les unités et les totaux.

Que vous réalisiez vos graphiques en interne ou que vous fassiez appel à une équipe qui propose des services de visualisation de données, demandez le fichier de données sous-jacent avec chaque graphique. Les corrections sont ainsi rapides, vous pouvez publier le tableau de données à côté du visuel, et les auditeurs comme les partenaires disposent d’une piste claire qui relie chaque chiffre à sa source.

Une liste de contrôle simple

  • Formuler en une phrase le message du graphique avant de le concevoir
  • Adapter le type de graphique à la question : comparaison, tendance ou part
  • Faire commencer les graphiques à barres et à colonnes à zéro
  • Éviter les effets 3D et les doubles axes
  • Étiqueter directement les valeurs et indiquer les unités et la période
  • Placer la source des données en bas du graphique
  • Ne pas s’appuyer sur la seule couleur et vérifier un contraste de 3:1
  • Fournir une description textuelle ou un tableau de données pour les graphiques en ligne

Questions fréquentes

Quel est le meilleur graphique pour comparer des données entre régions ?

Un graphique à barres horizontales trié de la plus grande à la plus petite valeur est généralement le choix le plus clair. Il préserve la lisibilité des noms de régions longs et rend le classement évident au premier coup d'œil.

L'axe des ordonnées doit-il toujours commencer à zéro ?

Pour les graphiques à barres et à colonnes, oui, car les lecteurs évaluent les valeurs d'après la longueur des barres. Un graphique linéaire peut commencer au-dessus de zéro lorsque cela aide à montrer une évolution, mais signalez clairement la coupure de l'échelle.

Les graphiques circulaires sont-ils à proscrire ?

Pas toujours, mais ils ne fonctionnent qu'avec peu de catégories et des tailles très différentes. Au-delà de quelques catégories, un graphique à barres trié avec des valeurs étiquetées est plus facile à lire.

Que comprennent les services de visualisation de données pour les ONG ?

Ils couvrent généralement le choix des types de graphiques, la conception de graphiques et d'infographies conformes à votre charte graphique, leur vérification par rapport aux données et la préparation de versions accessibles pour l'impression, le web et les réseaux sociaux. Demandez les fichiers sources et les tableaux de données afin que votre équipe puisse mettre à jour les graphiques par la suite.

Sources

Chaque lien numéroté de cet article renvoie à l’une de ces sources. Nous avons vérifié chacune d’elles le 10 octobre 2026. Les résumés de textes de loi servent à la planification et ne constituent pas un avis juridique.

  1. 1

    United Nations Economic Commission for Europe (UNECE). Making Data Meaningful Part 2 : A guide to presenting statistics (2009).

    Source officielledigitallibrary.un.orgVérifié le 10 octobre 2026

  2. 2

    data.europa.eu (European Union). Data Visualisation Guide : Visual Vocabulary (2023).

    Source officielledata.europa.euVérifié le 10 octobre 2026

  3. 3

    Datawrapper Academy. Why our column and bar charts start at zero (or below) (2021).

    Source officielledatawrapper.deVérifié le 10 octobre 2026

  4. 4

    Office for National Statistics (ONS) Digital. Does the axis have to start at zero? (Part 2 – bar charts) (2016).

    Source officielledigitalblog.ons.gov.ukVérifié le 10 octobre 2026

  5. 5

    W3C Web Accessibility Initiative. Understanding SC 1.4.1 : Use of Color (WCAG 2.2).

    Source officiellew3.orgVérifié le 10 octobre 2026

  6. 6

    W3C Web Accessibility Initiative. Understanding SC 1.4.11 : Non-text Contrast (WCAG 2.2).

    Source officiellew3.orgVérifié le 10 octobre 2026

  7. 7

    W3C Web Accessibility Initiative. Complex Images (Images Tutorial).

    Source officiellew3.orgVérifié le 10 octobre 2026

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