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Typographie des rapports : choisir et composer le texte

Un guide pratique pour choisir les polices et composer le texte courant, les titres et les tableaux des rapports annuels, rapports de recherche et notes.

  • Publié le11 octobre 2026
  • Temps de lecture6 min
  • ParTrueStory Africa
  • Sources7
  • Faits vérifiés11 octobre 2026

Pourquoi la typographie décide si un rapport est lu

La typographie des rapports désigne l’ensemble des choix portant sur les polices utilisées et sur leur mise en page : corps, espacement, longueur de ligne, titres et mise en valeur. Les lecteurs remarquent rarement une bonne typographie. Ils remarquent tout de suite une mauvaise, sous la forme de pages fatigantes, de tableaux à l’étroit et de titres qui se ressemblent tous.

L’essentiel d’un rapport est constitué de texte courant : c’est donc par là qu’il faut commencer. Butterick’s Practical Typography souligne que le texte courant mérite le plus d’attention, car il représente la plus grande partie d’un document.1 Soignez d’abord les paragraphes, puis concevez autour d’eux les titres, les légendes, les tableaux et la couverture. Une couverture frappante n’apporte pas grand-chose à un rapport dont les conclusions sont difficiles à lire.

Choisir des polices faciles à lire

Pour choisir vos polices, partez de la lisibilité plutôt que de la personnalité. Section508.gov, la ressource fédérale américaine sur l’accessibilité, indique que les polices sans empattement comptent surtout pour le texte courant et une lecture fluide, tandis que les polices à empattement conviennent aux titres ou à la mise en valeur.2 Les recommandations de GOV.UK sur les documents accessibles vont plus loin et préconisent une police sans empattement comme Arial ou Helvetica, avec un corps minimal de 12 points.3

Tout le monde ne s’accorde pas sur les polices par défaut. Butterick conseille d’acheter une police professionnelle lorsque c’est possible et, si vous devez utiliser une police système, de la choisir avec soin en évitant Times New Roman et Arial.1 Ces deux points de vue sont moins opposés qu’il n’y paraît : tous deux privilégient un caractère clair et bien dessiné plutôt qu’une police décorative.

Dans notre propre pratique, nous vérifions aussi trois points concrets avant d’adopter une police : qu’elle comprend tous les caractères accentués nécessaires aux éditions en français, en kinyarwanda ou en kiswahili, qu’elle offre suffisamment de graisses pour les titres et les tableaux, et que sa licence couvre à la fois l’impression et l’usage numérique.

Les lecteurs remarquent rarement une bonne typographie : ils continuent simplement à lire.

Point clé

Associer des polices sans surcharger

L’association de polices est l’étape où beaucoup de rapports dérapent, généralement par excès. Selon la règle empirique de Butterick, la plupart des documents supportent une deuxième police, peu en supportent une troisième, et presque aucun n’en supporte quatre ou plus.4 Pour un rapport, une police pour le texte courant et une pour les titres suffisent généralement.

On peut associer deux polices quelconques si elles sont clairement différentes, et un contraste plus faible entre les polices peut fonctionner mieux qu’un contraste marqué.4 Une approche pratique consiste à associer une police sans empattement lisible pour le texte courant à une police à empattement, ou à une graisse plus forte de la même famille, pour les titres. Utiliser une seule famille déclinée en plusieurs graisses est l’association la plus simple de toutes, et elle assure la cohérence des tableaux, des graphiques et des légendes.

Corps et espacement pour l’imprimé et l’écran

Pour l’imprimé, Butterick situe la plage la plus confortable pour le texte courant entre 10 et 12 points, et entre 15 et 25 pixels sur le Web.1 Il recommande un interlignage de 120 à 145 % du corps.1 Les recommandations en matière d’accessibilité tendent vers le haut de la fourchette. Un guide de style adapté aux personnes dyslexiques publié par Ako Aotearoa suggère des corps de 12 à 14 points ou plus, et note qu’un interlignage de 1,5 peut aider.5

Attention aux petits caractères. Section508.gov avertit qu’un texte courant composé en dessous de 9 points, comme une longue note de bas de page, crée un obstacle.2 Les notes de bas de page, les étiquettes de graphiques et le texte des tableaux doivent rester lisibles, et non rétrécir pour tenir dans l’espace.

À l’écran, les lecteurs peuvent modifier eux-mêmes l’espacement. Selon les WCAG 2.2, le contenu doit continuer à fonctionner lorsque l’on porte la hauteur de ligne à 1,5 fois la taille de police, l’espacement entre paragraphes à deux fois la taille de police, l’espacement des lettres à 0,12 fois et l’espacement des mots à 0,16 fois.6 Évitez les zones de texte de taille fixe qui coupent le texte dans ce cas.

Comme point de départ pour la plupart des rapports, les réglages suivants résument les recommandations ci-dessus :

  • Texte courant imprimé : 10 à 12 points, ou 12 points et plus pour les éditions accessibles.
  • Texte courant à l’écran : 15 à 25 pixels.
  • Interlignage : 120 à 145 % du corps, jusqu’à 1,5 pour les éditions accessibles.
  • Notes de bas de page, étiquettes de graphiques et texte des tableaux : jamais en dessous de 9 points.

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Longueur de ligne et alignement

Les lignes longues fatiguent la lecture, et les lignes courtes hachent la phrase. Butterick recommande une moyenne de 45 à 90 caractères par ligne.1 Les explications des WCAG sur la présentation visuelle fixent une largeur maximale de 80 caractères pour les blocs de texte, et expliquent que certaines personnes ayant des troubles de la lecture ou de la vision perdent le fil sur les lignes longues.7 Sur une page A4, cela signifie souvent deux colonnes ou des marges généreuses plutôt qu’un seul bloc large.

Alignez le texte courant à gauche. Les mêmes explications des WCAG demandent un texte non justifié, car les espaces irréguliers entre les mots d’un texte entièrement justifié peuvent créer des « rivières de blanc » qui descendent le long de la page et rendre la lecture difficile pour certaines personnes ayant des troubles cognitifs.7 Un texte en drapeau paraît moins solennel, mais il se lit plus facilement.

Titres, hiérarchie et mise en valeur

Un rapport a besoin d’une hiérarchie claire pour que les lecteurs puissent repérer rapidement ce qui les concerne. GOV.UK conseille d’utiliser des styles de titre tels que « titre 1 » et « titre 2 », plutôt que du texte en gras, pour marquer les titres.3 Les styles assurent aussi la cohérence de la hiérarchie et permettent de générer une table des matières et un PDF accessible. Le guide d’Ako Aotearoa suggère des titres au moins 20 % plus grands que le texte courant, entourés d’espace supplémentaire.5

Mettez en valeur avec parcimonie. GOV.UK recommande de n’employer la majuscule qu’en début de phrase et pour les noms propres, d’éviter le texte tout en capitales et l’italique, et de réserver le soulignement aux liens.3 Lorsqu’une mise en valeur est nécessaire, le guide sur la dyslexie recommande le gras plutôt que l’italique ou le soulignement.5 Si tout est mis en évidence sur une page, plus rien ne l’est.

Contraste, couleur et versions numériques

La typographie ne fonctionne que si le texte se détache de son arrière-plan. Section508.gov rappelle l’exigence des WCAG selon laquelle le texte doit présenter un rapport de contraste d’au moins 4,5:1.2 Le texte gris clair, le texte posé sur des photographies et les couleurs de marque pâles échouent souvent à ce test. Le guide sur la dyslexie recommande aussi des arrière-plans d’une seule couleur et d’éviter les motifs ou les images derrière le texte.5

Enfin, pensez à la manière dont le rapport sera lu. GOV.UK indique que le HTML est le format le plus accessible pour publier des documents et considère la création d’un nouveau PDF comme un dernier recours.3 Si vous publiez en ligne, veillez à ce que le texte puisse être agrandi jusqu’à 200 % sans que les lecteurs aient à faire défiler la page horizontalement pour lire une ligne.7 Des polices lisibles, un espacement soigné et une hiérarchie claire se transposent dans tous les formats.

Une liste de contrôle simple

  • Une police lisible pour le texte courant, choisie en premier
  • Deux polices au plus, clairement différentes
  • Caractères accentués et licence vérifiés
  • Texte courant autour de 10 à 12 points à l’impression
  • Interlignage de 120 % ou plus
  • Lignes de moins de 80 caractères environ, alignées à gauche
  • Styles de titre plutôt que du texte en gras
  • Contraste du texte d’au moins 4,5:1

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure police pour un rapport ?

Il n’existe pas de police idéale unique. Choisissez un caractère clair et bien dessiné, doté de suffisamment de graisses et de caractères pour vos langues, et composez-le à un corps confortable avec un espacement généreux. De nombreuses organisations utilisent une police sans empattement pour le texte courant, car elle se lit bien à l’écran.

Quelle taille de police pour un rapport ?

À l’impression, le texte courant est généralement composé entre 10 et 12 points, et les recommandations en matière d’accessibilité préconisent souvent 12 points ou plus. Les notes de bas de page et les étiquettes de graphiques doivent rester lisibles plutôt que rétrécir pour tenir dans l’espace.

Combien de polices utiliser dans un rapport ?

En général deux au plus : une pour le texte courant et une pour les titres. Utiliser une seule famille en plusieurs graisses est souvent le choix le plus simple et le plus cohérent.

Faut-il justifier le texte d’un rapport ?

Un texte aligné à gauche est généralement plus facile à lire. La justification complète peut créer des espaces irréguliers entre les mots qui compliquent la lecture pour certaines personnes.

Sources

Chaque lien numéroté de cet article renvoie à l’une de ces sources. Nous avons vérifié chacune d’elles le 11 octobre 2026. Les résumés de textes de loi servent à la planification et ne constituent pas un avis juridique.

  1. 1

    Matthew Butterick, Butterick's Practical Typography. Typography in ten minutes.

    Source officiellepracticaltypography.comVérifié le 11 octobre 2026

  2. 2

    U.S. General Services Administration, Section508.gov. Fonts and Typography.

    Source officiellesection508.govVérifié le 11 octobre 2026

  3. 3

    GOV.UK. Publishing accessible documents (2025).

    Source officiellegov.ukVérifié le 11 octobre 2026

  4. 4

    Matthew Butterick, Butterick's Practical Typography. Mixing fonts.

    Source officiellepracticaltypography.comVérifié le 11 octobre 2026

  5. 5

    Ako Aotearoa. Dyslexia Friendly Style Guide (2023).

    Source officielleako.ac.nzVérifié le 11 octobre 2026

  6. 6

    W3C Web Accessibility Initiative (WAI). Understanding Success Criterion 1.4.12 : Text Spacing.

    Source officiellew3.orgVérifié le 11 octobre 2026

  7. 7

    W3C Web Accessibility Initiative (WAI). Understanding Success Criterion 1.4.8 : Visual Presentation.

    Source officiellew3.orgVérifié le 11 octobre 2026

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