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Communication accessible : sous-titres, texte alternatif et rapports lisibles

Un guide pratique pour les équipes de communication qui veulent que leurs films, leurs photographies et leurs rapports atteignent tout le monde, y compris la personne sur six qui vit avec un handicap important.

  • Publié le10 octobre 2026
  • Temps de lecture6 min
  • ParTrueStory Africa
  • Sources7
  • Faits vérifiés10 octobre 2026

Pourquoi la communication accessible est essentielle

La communication accessible consiste à faire en sorte que les personnes handicapées puissent voir, entendre, lire et comprendre ce que vous publiez. Ce n’est pas une préoccupation marginale. L’Organisation mondiale de la Santé estime que 1,3 milliard de personnes vivent avec un handicap important, soit 16 % de la population mondiale, ou une personne sur six.1

Pour les organisations qui travaillent avec les gouvernements et le système des Nations Unies, c’est aussi une question de droits. L’article 21 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées demande aux États de communiquer les informations destinées au grand public sous des formes accessibles et au moyen de technologies adaptées, sans tarder et sans frais supplémentaires.2 Le même article demande instamment aux organismes privés qui mettent des services à la disposition du public, y compris par l’internet, d’en faire autant, et appelle à reconnaître et à favoriser l’utilisation des langues des signes.2 Un rapport qu’un lecteur d’écran ne peut pas ouvrir, ou une vidéo de campagne sans sous-titres, exclut en silence les personnes mêmes que de nombreux programmes ont pour mission de servir.

Ce qu’exigent les WCAG 2.2

La norme de référence est constituée par les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (WCAG) 2.2, publiées par le World Wide Web Consortium (W3C). Elles sont conçues pour les contenus Web, mais leur logique vaut tout autant pour les vidéos, les photographies et les rapports téléchargeables. Elles reposent sur quatre principes : le contenu doit être perceptible, utilisable, compréhensible et robuste.3

Les WCAG définissent trois niveaux de conformité : A (le plus bas), AA et AAA (le plus élevé).3 À notre avis, le niveau AA est l’objectif raisonnable pour toute équipe de communication, car il couvre les sous-titres, l’audiodescription et le contraste minimum. Pour les contenus courants, quelques critères de succès font l’essentiel du travail :

  • 1.1.1 Contenu non textuel (niveau A) : les images et autres contenus non textuels doivent disposer d’un équivalent textuel qui remplit la même fonction.
  • 1.2.2 Sous-titres (pré-enregistrés) (niveau A) : toute vidéo enregistrée comportant du son doit être sous-titrée.
  • 1.2.5 Audio-description (pré-enregistrée) (niveau AA) : les informations visuelles importantes d’une vidéo doivent être décrites.
  • 1.4.1 Utilisation de la couleur (niveau A) : la couleur ne doit pas être le seul moyen de transmettre une information.
  • 1.4.3 Contraste (minimum) (niveau AA) : le texte courant doit présenter un rapport de contraste d’au moins 4,5:1, et le texte de grande taille d’au moins 3:1.

Un film sous-titré, une photographie décrite et un rapport lisible ne sont pas des options : c’est ainsi que votre message atteint tous ceux à qui il est destiné.

Point clé

Des sous-titres vidéo vraiment efficaces

Les sous-titres sont une version textuelle des paroles et des informations sonores non verbales nécessaires à la compréhension d’un film, synchronisée avec le son.4 Le W3C emploie indifféremment les termes anglais « captions » et « subtitles ». La plupart sont des sous-titres codés, que le public peut activer ou masquer, tandis que les sous-titres non codés sont incrustés dans l’image et toujours visibles.4 Les sous-titres aident aussi les personnes qui assimilent mieux l’information écrite que l’information sonore.4

Les sous-titres automatiques font gagner du temps mais, à eux seuls, ils ne satisfont pas aux exigences d’accessibilité, sauf s’il est confirmé qu’ils sont parfaitement exacts.4 Un seul mot manqué, comme pas, peut inverser le sens d’une phrase. Dans notre propre pratique, nous traitons les sous-titres automatiques comme un premier jet, puis nous vérifions à la main les noms de personnes et de lieux, les chiffres et les termes en kinyarwanda, en français ou en swahili, et nous ajoutons le nom des intervenants et les sons significatifs.

Les personnes aveugles ont elles aussi besoin du récit visuel. Le W3C recommande l’audiodescription pour les graphiques, le texte affiché à l’écran et le nom des intervenants, ainsi qu’une transcription descriptive, indispensable aux personnes sourdes-aveugles.5 Il conseille de prévoir l’accessibilité dès le début d’un projet et d’intégrer la description dans le script avant le tournage.5 Par exemple, une personne interviewée qui donne son nom et sa fonction face à la caméra rend inutile la description séparée du bandeau qui l’identifie à l’écran.

Rédiger un bon texte alternatif pour les images

Le texte alternatif est la courte description qu’un lecteur d’écran lit à voix haute à la place d’une image. Les WCAG exigent, pour tout contenu non textuel, un équivalent textuel qui remplit la même fonction.3 La question n’est pas « que montre l’image ? », mais « à quoi sert cette image ici ? »

L’arbre décisionnel du W3C pour l’attribut alt fournit un ensemble de règles clair.6 Pour une photographie ou un graphique simple, rédigez une brève description qui en transmet le sens. Si l’image se trouve dans un lien ou un bouton, indiquez la destination du lien ou l’action du bouton. Si l’image est purement décorative, ou si elle répète un texte déjà présent à côté, utilisez un attribut alt vide pour que les lecteurs d’écran l’ignorent. Si l’image contient un texte qui n’apparaît nulle part ailleurs, reprenez ce texte dans l’attribut alt.6

Pour une photographie de terrain, « Une infirmière vérifie le poids d’un nouveau-né dans un centre de santé de Nyamagabe » est bien plus utile que « image d’une femme ». Tenez-vous-en à une phrase, évitez « photo de » et ne reprenez pas la légende mot pour mot.

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Produire un rapport PDF accessible

Les rapports annuels et les évaluations sont souvent publiés uniquement sous forme de PDF mis en page. Le service numérique du gouvernement britannique (Government Digital Service) recommande de publier en HTML chaque fois que possible, en soulignant que les PDF fonctionnent souvent mal avec les lecteurs d’écran et que les formats PDF et PDF/A ne peuvent pas être rendus pleinement accessibles à tous les utilisateurs de technologies d’assistance.7 Une bonne approche consiste à publier le rapport sous forme de page Web et à proposer le PDF comme version imprimable.

Si vous devez publier un PDF, intégrez l’accessibilité dès le fichier source, dans Word ou dans votre logiciel de mise en page, plutôt que d’essayer de la corriger à la fin. Corriger un PDF finalisé est long et rarement complet : transmettez donc ces consignes à votre graphiste avant le début de la mise en page. Les mêmes recommandations préconisent :7

  • Utilisez de vrais styles de titre (Titre 1, Titre 2) plutôt que du texte en gras, sans sauter de niveau.
  • Rédigez des intitulés de lien compréhensibles hors contexte, jamais « cliquez ici ».
  • N’utilisez les tableaux que pour des données, gardez-les simples, évitez les cellules fusionnées et identifiez la ligne d’en-tête.
  • Ajoutez un texte alternatif aux images et aux graphiques, ou exprimez la même idée dans le texte.
  • Vérifiez le contraste des couleurs, puis structurez et balisez le document dans votre logiciel PDF.

Graphiques, couleurs et langage clair

C’est dans les graphiques que les rapports pèchent le plus souvent. Un lecteur d’écran ne peut pas lire un diagramme à barres : le W3C conseille donc de fournir ailleurs sur la page l’information contenue dans une image complexe, par exemple sous la forme d’un bref résumé du constat accompagné d’un tableau de données.6 Ne comptez pas sur la seule couleur pour distinguer les catégories : ajoutez des étiquettes directes ou des motifs.3 Vérifiez que le texte et les lignes principales respectent les rapports de contraste fixés par les WCAG.3

Lisible signifie aussi compréhensible. Le langage clair aide les personnes ayant des déficiences cognitives ou des troubles de l’apprentissage, et il aide tous les autres lecteurs. GOV.UK recommande d’expliquer les termes techniques et les sigles à leur première occurrence et de limiter les phrases à 25 mots environ, voire moins.7 Pour les publics du développement, une synthèse d’une page en langage clair, traduite au besoin, touche souvent plus de monde que le rapport complet.

Une liste de contrôle simple

  • Sous-titres vérifiés par une personne, avec le nom des intervenants et les sons importants
  • Informations visuelles décrites dans le script ou par audiodescription
  • Une transcription publiée avec chaque vidéo
  • Un texte alternatif court et pertinent pour chaque image informative
  • Un attribut alt vide pour les images purement décoratives
  • Rapports publiés en HTML, ou en PDF balisés avec de vrais titres
  • Contraste du texte d’au moins 4,5:1 et aucune information transmise par la seule couleur
  • Synthèse en langage clair, avec des sigles expliqués

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre sous-titres classiques et sous-titres pour sourds et malentendants ?

Ces termes sont souvent employés de façons différentes, mais le W3C les traite comme une seule et même chose. Pour l’accessibilité, l’essentiel est que le texte reprenne les paroles et les sons non verbaux nécessaires à la compréhension du film, synchronisés avec l’audio.

Les sous-titres automatiques suffisent-ils pour l’accessibilité ?

Pas à eux seuls. Les sous-titres automatiques comportent souvent des erreurs dans les noms, les chiffres et les langues locales, et un seul mot erroné peut changer le sens. Utilisez-les comme premier jet et faites-les relire et corriger par une personne avant publication.

Quelle longueur doit avoir un texte alternatif ?

En général, une courte phrase qui indique pourquoi l’image est là. Si une image transmet une information complexe, comme un graphique, gardez un texte alternatif court et donnez l’information complète dans le texte qui l’entoure ou dans un tableau.

Quel niveau des WCAG notre organisation doit-elle viser ?

Nous recommandons le niveau AA comme objectif réaliste pour la plupart des organisations. Il comprend les sous-titres, l’audiodescription des vidéos enregistrées, les équivalents textuels et un contraste minimum des couleurs.

Sources

Chaque lien numéroté de cet article renvoie à l’une de ces sources. Nous avons vérifié chacune d’elles le 10 octobre 2026. Les résumés de textes de loi servent à la planification et ne constituent pas un avis juridique.

  1. 1

    World Health Organization. Disability (fact sheet) (2023).

    Source officiellewho.intVérifié le 10 octobre 2026

  2. 2
  3. 3

    W3C. Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) 2.2 (2024).

    Source officiellew3.orgVérifié le 10 octobre 2026

  4. 4

    W3C Web Accessibility Initiative (WAI). Captions/Subtitles (2024).

    Source officiellew3.orgVérifié le 10 octobre 2026

  5. 5

    W3C Web Accessibility Initiative (WAI). Making Audio and Video Media Accessible (2024).

    Source officiellew3.orgVérifié le 10 octobre 2026

  6. 6

    W3C Web Accessibility Initiative (WAI). An alt Decision Tree (2024).

    Source officiellew3.orgVérifié le 10 octobre 2026

  7. 7

    GOV.UK. Publishing accessible documents (2025).

    Source officiellegov.ukVérifié le 10 octobre 2026

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