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Les cartes dans les rapports : concevoir des cartes qui informent

Un guide pratique de conception de cartes pour les rapports : quand une carte se justifie, comment construire une carte choroplèthe honnête et comment rendre les cartes des ONG accessibles et sûres à publier.

  • Publié le11 octobre 2026
  • Temps de lecture7 min
  • ParTrueStory Africa
  • Sources6
  • Faits vérifiés11 octobre 2026

Partir de la question, pas de la carte

Les cartes sont fréquentes dans les rapports annuels, les rapports d’impact et les notes de politique. Une carte des districts d’intervention donne une impression de sérieux et remplit bien une page. Mais une carte n’est utile que si elle aide le lecteur à comprendre quelque chose qu’il ne verrait pas aussi vite dans une phrase, un tableau ou un graphique à barres.

Le Visual Vocabulary du Financial Times, un guide très utilisé pour choisir ses graphiques, indique que les représentations spatiales ne doivent être utilisées que lorsque les localisations précises ou les répartitions géographiques des données importent davantage au lecteur que tout le reste.1 Avant de commander une carte, écrivez la question à laquelle elle répond. « Où travaillons-nous ? » est une question légitime, mais elle appelle une simple carte de localisation, pas une carte de données en couleurs. « Quels districts ont la couverture vaccinale la plus faible ? » peut justifier une carte thématique. « La couverture a-t-elle progressé cette année ? » trouvera sans doute une meilleure réponse dans une courbe ou un graphique à barres.

Choisir le bon type de carte

La plupart des cartes de rapport relèvent de trois types. Une carte de localisation montre où se trouvent les choses : bureaux, sites de projet, camp de réfugiés. Une carte choroplèthe colore chaque zone, par exemple une province ou un district, selon une valeur. Une carte en symboles proportionnels place un cercle sur chaque zone et en fait varier la taille selon une valeur.

Le choix dépend de vos données. Le Visual Vocabulary recommande qu’une carte choroplèthe simple présente toujours des taux plutôt que des totaux et repose sur un découpage géographique pertinent, tandis que les symboles proportionnels conviennent aux totaux plutôt qu’aux taux.1 Les conseils de Datawrapper vont dans le même sens : les cartes choroplèthes fonctionnent mieux avec des données relatives, et les valeurs absolues sont mieux représentées par une carte en symboles.2

Concrètement, le nombre de personnes atteintes dans chaque district relève d’une carte en symboles, tandis que le pourcentage de ménages atteints relève d’une carte choroplèthe.

Une carte doit répondre à une question de lieu ; si elle montre seulement où vous travaillez, une simple carte de localisation ou une phrase fera souvent mieux l’affaire.

Point clé

Concevoir une carte choroplèthe honnête

Les effectifs bruts sont trompeurs sur une carte choroplèthe, car les zones les plus peuplées auront presque toujours les chiffres les plus élevés. Un district très peuplé ressemblera à un point chaud même si son taux est dans la moyenne. Datawrapper souligne que des effectifs bruts ne peuvent pas être comparés d’une région à l’autre sans données de population, et que c’est pourquoi les taux sont plus utiles.2 Convertissez les effectifs en pourcentage ou en taux pour 1 000 habitants avant toute mise en forme.

Il existe un second piège. Les cartes choroplèthes montrent l’étendue du territoire concerné, si bien que de grandes régions peu peuplées peuvent attirer le regard davantage que de petites zones densément peuplées.2 Au Rwanda, par exemple, les trois districts de la ville de Kigali paraissent petits sur la carte à côté des grands districts ruraux. Si votre propos porte sur les personnes plutôt que sur le territoire, ajoutez un tableau, étiquetez directement les zones clés ou envisagez une carte en symboles. Datawrapper propose les cartogrammes de population pour donner une image plus juste de la répartition des habitants, tout en notant qu’ils fonctionnent mieux lorsque les lecteurs connaissent déjà la géographie.2

Échelles de couleurs et classes

Choisissez la palette en fonction de vos données. Datawrapper recommande une palette séquentielle, du clair au foncé, pour mettre en valeur les valeurs élevées, et une palette divergente, où deux teintes se rejoignent autour d’un point médian neutre, pour faire ressortir les deux extrêmes.2 Il conseille aussi de veiller à une nette différence de clarté sur toute l’échelle et d’utiliser des couleurs que les personnes daltoniennes peuvent distinguer.2

Décidez ensuite du nombre de paliers, ou classes, de l’échelle. Lisa Charlotte Muth, de Datawrapper, y voit un compromis entre honnêteté et utilité.3 Davantage de paliers renforcent le contraste, mais peuvent aussi faire croire au lecteur à des écarts marqués là où il n’y en a pas.3 Dans notre pratique, quatre à six paliers conviennent à la plupart des cartes de rapport.

Soignez la légende. Datawrapper recommande que la légende d’une palette séquentielle affiche les couleurs des valeurs la plus basse et la plus haute, et préconise des intervalles égaux, comme 0, 25 et 50.2 Arrondissez les valeurs de la légende et utilisez la même échelle sur toutes les cartes que le lecteur doit comparer.

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Rendre vos cartes accessibles

Beaucoup de lecteurs découvriront votre rapport en PDF ou sur une page web, certains au moyen d’un lecteur d’écran, d’autres avec un trouble de la vision des couleurs. Le W3C explique que son critère de succès relatif à l’utilisation de la couleur vise à garantir que tous les utilisateurs voyants puissent accéder aux informations transmises par des différences de couleur.4 Sur une carte, cela signifie ajouter des étiquettes ou des valeurs directement sur les zones clés, utiliser des motifs ou des contours si nécessaire et ne jamais s’en remettre au seul couple rouge et vert.

Le W3C classe les cartes parmi les images complexes, qui contiennent plus d’informations qu’une courte phrase ne peut en transmettre, et indique que ces images nécessitent un texte alternatif en deux parties : une description courte qui identifie l’image et une description longue qui en transmet l’information essentielle.5 Pour une carte de rapport, la description courte peut nommer la carte et son principal constat, et la description longue peut être le tableau de données correspondant, placé en annexe ou à côté de la carte.

Frontières, noms et avertissements

Les cartes peuvent avoir une portée politique. Les frontières, territoires et toponymes contestés sont des sujets sensibles, et une erreur peut causer de réelles difficultés à une organisation qui travaille avec des gouvernements et des agences des Nations Unies. Utilisez des fonds de carte issus de sources officielles ou fiables, et vérifiez les toponymes selon l’orthographe qu’emploient vos partenaires.

Les agences des Nations Unies font couramment figurer un avertissement sur leurs cartes. Celui qu’utilisent les Volontaires des Nations Unies, par exemple, précise que les appellations employées et la présentation des données sont conformes à la pratique des Nations Unies et n’impliquent aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires ou zones, ni quant au tracé de leurs frontières.6 Si vous produisez un rapport pour ou avec un partenaire des Nations Unies, demandez-lui quelle formulation il exige avant la conception de la carte.

Mettre la carte en page

Une bonne carte de rapport se suffit à elle-même, car les lecteurs parcourent souvent un rapport en diagonale et s’arrêtent sur les visuels. Dans notre pratique, nous donnons à chaque carte un titre qui énonce le constat, comme « La couverture est la plus faible dans les districts du Nord », plutôt qu’un libellé du type « Couverture par district ». Sous la carte, ajoutez la source, la date des données et toute note sur le mode de calcul des taux.

Supprimez tout ce qui n’aide pas le lecteur. Routes, cours d’eau et estompage du relief sont rarement utiles sur une carte thématique, et des frontières trop épaisses font concurrence aux données. Vérifiez que la carte reste lisible imprimée en noir et blanc et consultée sur un téléphone, car beaucoup de partenaires ouvriront le PDF sur un petit écran.

  • Un titre qui énonce le constat principal.
  • Une légende aux valeurs arrondies et régulièrement espacées.
  • Des étiquettes directes pour les zones évoquées dans le texte.
  • La source, la date des données et une note de méthode.
  • Un avertissement lorsqu’un partenaire l’exige.
  • Des textes alternatifs court et long pour les versions numériques.

Une liste de contrôle simple

  • La carte répond à une question claire de lieu
  • Le type de carte correspond aux données : taux en choroplèthe, totaux en symboles
  • Quatre à six paliers de couleur avec une nette progression de la clarté
  • Une palette adaptée aux daltoniens et des étiquettes directes sur les zones clés
  • Un titre qui énonce le constat ; légende, source et date présentes
  • Des textes alternatifs court et long, avec le tableau de données en annexe
  • Frontières, toponymes et avertissement vérifiés avec les partenaires

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une carte choroplèthe ?

Une carte choroplèthe colore des zones comme des pays, des provinces ou des districts selon une valeur, généralement avec des teintes plus foncées pour les valeurs élevées. C’est l’une des cartes thématiques les plus courantes dans les rapports.

Quand utiliser une carte choroplèthe plutôt qu’une carte en symboles ?

Utilisez une carte choroplèthe pour les taux et les pourcentages, comme la part des ménages ayant accès à l’eau potable. Utilisez une carte en symboles proportionnels pour les totaux, comme le nombre de personnes atteintes dans chaque district.

Combien de couleurs une carte thématique doit-elle utiliser ?

La plupart des cartes de rapport fonctionnent bien avec quatre à six paliers sur une seule échelle de couleur. Trop de paliers donnent un air spectaculaire à de petits écarts, et trop peu peuvent masquer de vraies tendances.

Les cartes des ONG doivent-elles comporter un avertissement ?

Si des frontières ou des territoires peuvent être contestés, ou si vous travaillez avec des agences des Nations Unies, un avertissement sur les frontières est une bonne pratique. Demandez à votre partenaire quelle formulation il exige.

Sources

Chaque lien numéroté de cet article renvoie à l’une de ces sources. Nous avons vérifié chacune d’elles le 11 octobre 2026. Les résumés de textes de loi servent à la planification et ne constituent pas un avis juridique.

  1. 1

    Financial Times Visual Journalism Team. Financial Times Visual Vocabulary.

    Source officiellegithub.comVérifié le 11 octobre 2026

  2. 2

    Datawrapper Academy. What to consider when creating choropleth maps (2021).

    Source officielledatawrapper.deVérifié le 11 octobre 2026

  3. 3

    Datawrapper (Lisa Charlotte Muth). How to choose a color palette for choropleth maps (2017).

    Source officielledatawrapper.deVérifié le 11 octobre 2026

  4. 4

    W3C Web Accessibility Initiative (WAI). Understanding Success Criterion 1.4.1 : Use of Color.

    Source officiellew3.orgVérifié le 11 octobre 2026

  5. 5

    W3C Web Accessibility Initiative. Complex Images.

    Source officiellew3.orgVérifié le 11 octobre 2026

  6. 6

    United Nations Volunteers (UNV). Map disclaimer.

    Source officielleknowledge.unv.orgVérifié le 11 octobre 2026

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