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La communication sur les risques et l’engagement communautaire expliqués

Un guide simple de la CREC pour les équipes de communication des ministères, des agences des Nations Unies et des ONG qui doivent aider la population à prendre des décisions sûres pendant une urgence sanitaire.

  • Publié le11 octobre 2026
  • Temps de lecture5 min
  • ParTrueStory Africa
  • Sources6
  • Faits vérifiés11 octobre 2026

Ce que recouvrent la communication sur les risques et l’engagement communautaire

La communication sur les risques et l’engagement communautaire, généralement abrégée en CREC (RCCE en anglais), est la composante de la riposte à une urgence sanitaire qui s’occupe des personnes plutôt que des agents pathogènes. L’Organisation mondiale de la Santé définit la communication sur les risques comme l’échange en temps réel d’informations, de conseils et d’avis entre des experts ou des responsables et des personnes exposées à une menace pour leur santé ou leur bien-être économique ou social.1 Son but est de permettre aux personnes exposées de prendre des décisions éclairées.1

L’engagement communautaire en est le second volet. L’OMS le décrit comme le fait de développer des relations et des structures qui associent les communautés en tant que partenaires à part entière à l’élaboration de solutions de riposte acceptables et applicables pour les personnes concernées.1 Autrement dit, la CREC n’est pas une campagne menée auprès des communautés. C’est une communication en situation d’urgence sanitaire menée avec elles.

La confiance d’abord

La ligne directrice de l’OMS sur la communication sur les risques en situation d’urgence, première recommandation de ce type fondée sur des données probantes, regroupe ses recommandations en trois volets : l’instauration de la confiance, l’intégration de la communication dans les dispositifs d’urgence et les pratiques de communication.2 Sur la confiance, elle recommande que la communication sur les risques soit liée à des services fonctionnels et accessibles, et qu’elle soit transparente, rapide, facile à comprendre et prête à reconnaître les incertitudes.2

Ce dernier point est souvent le plus difficile pour les responsables. La ligne directrice recommande que les autorités donnent des informations explicites sur les incertitudes et indiquent ce qui est connu et ce qui ne l’est pas à un moment donné.2 Dire « nous ne le savons pas encore, et nous vous tiendrons informés vendredi » protège bien mieux la crédibilité qu’une affirmation assurée qui se révélera fausse par la suite.

Pendant une urgence sanitaire, les gens suivent les conseils des sources en qui ils ont confiance : la CREC commence donc par gagner cette confiance, bien avant la diffusion du premier message.

Point clé

S’appuyer sur les personnes en qui les communautés ont confiance

L’OMS recommande d’identifier les personnes en qui la communauté a confiance, de nouer des relations avec elles et de les associer à la prise de décision, afin que les interventions soient menées de manière concertée.2 Selon le lieu, il peut s’agir d’agents de santé communautaires, de chefs religieux, d’enseignants, de responsables locaux ou d’animateurs de radio.

Le guide du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur l’engagement communautaire et la redevabilité recommande que les évaluations recensent les sources d’information auxquelles les gens font confiance, qu’il s’agisse de personnes ou de canaux, ainsi que leurs moyens préférés pour faire part de leurs retours.3 Il ajoute que les équipes d’évaluation doivent parler les langues locales et être acceptées par la communauté, qui doit leur faire confiance.3 Les normes minimales de qualité de l’UNICEF énoncent clairement le principe : les communautés doivent être écoutées et jouer un rôle significatif dans les processus et les questions qui les concernent.4

Des messages qui aident à agir

De bons messages de CREC sont courts, pratiques et cohérents. L’OMS recommande de ne pas expliquer le risque en termes techniques, de diffuser des messages cohérents à partir de différentes sources d’information dès le début d’une flambée épidémique, et de promouvoir des gestes précis que les gens peuvent réellement adopter pour protéger leur santé.2

Les canaux comptent autant que la formulation. La même ligne directrice indique que les réseaux sociaux et les médias traditionnels doivent faire partie d’une stratégie intégrée avec d’autres formes de communication.2 Elle note aussi que les réseaux sociaux peuvent servir à surveiller les rumeurs, les réactions et les préoccupations du public pendant une urgence, et à y répondre.2 Dans notre propre pratique, nous associons chaque message public aux canaux que les gens utilisent déjà, comme la radio communautaire, les vidéos courtes et les rencontres en personne.

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Retours des communautés : écouter, agir et boucler la boucle

Les retours des communautés sont ce qui transforme la communication en engagement. Le kit de la FICR consacré aux retours d’information (IFRC Feedback Kit) définit ces retours comme toute information émanant de membres de la communauté, y compris les questions, les suggestions, les préoccupations, les perceptions et les plaintes.5 Il explique que ces retours contribuent à bâtir des partenariats de confiance, à répondre aux rumeurs et à la méfiance, et à éviter de nuire.5 Le kit définit six étapes pour un mécanisme de retour d’information :5

  • Mise en place du mécanisme de retour d’information
  • Collecte
  • Orientation et analyse des retours
  • Partage et action
  • Bouclage de la boucle
  • Examen et adaptation du mécanisme

Se préparer avant l’urgence

La CREC ne s’improvise pas une fois la flambée déclarée. Selon l’OMS, la planification de la communication sur les risques en situation d’urgence doit intervenir bien à l’avance et constituer un processus continu, couvrant aussi bien la préparation que la riposte.2 Elle recommande que la communication sur les risques se voie confier un rôle stratégique attitré au sein des équipes de direction de la riposte, que le personnel soit formé régulièrement et qu’elle dispose d’un budget défini et pérenne inscrit dans le budget de base.2

La flambée de maladie à virus de Marburg survenue au Rwanda en 2024 montre pourquoi c’est important. L’OMS a fait état de 66 cas confirmés, dont 15 décès, avant que le ministère de la Santé ne déclare la fin de la flambée le 20 décembre 2024.6 Les formations dispensées aux établissements de santé avec l’appui de l’OMS et de ses partenaires comprenaient un volet de communication sur les risques et d’engagement communautaire, et l’OMS a recommandé de poursuivre la CREC pour aider à prévenir une résurgence.6

La place du récit et des médias

La CREC diffère d’un programme de changement de comportement à long terme. Elle s’exerce dans l’urgence, avec des informations incomplètes et une forte anxiété dans la population. Le savoir-faire en communication n’en reste pas moins essentiel. Des vidéos explicatives claires, des photographies qui montrent des services et des personnes réels, et des interviews radio avec des voix locales de confiance peuvent porter les consignes bien plus loin qu’un avis imprimé.

Le guide de la FICR met en garde : les retours sont souvent recueillis sans grande incidence sur la conception des programmes.3 Le travail médiatique peut aider à l’éviter en montrant aux communautés comment leurs questions ont fait évoluer la riposte. Quoi que vous produisiez, respectez des normes strictes de consentement et de dignité, car les personnes touchées par une flambée sont souvent effrayées, malades ou exposées à la stigmatisation.

Une liste de contrôle simple

  • La CREC inscrite dans votre plan de préparation aux urgences, avec un responsable et un budget
  • Une liste des voix et des canaux communautaires de confiance, par zone
  • Des modèles de messages en langage clair et en langues locales
  • Une règle pour dire ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas, et quand viendra la prochaine mise à jour
  • Un ensemble unique de messages validés, partagé avec tous les partenaires
  • Un mécanisme de retour d’information qui consigne les questions, les préoccupations et les rumeurs
  • Une procédure régulière pour indiquer aux communautés ce qui a changé
  • Des formations régulières pour le personnel et les porte-parole

Questions fréquentes

Que signifie le sigle CREC ?

CREC signifie communication sur les risques et engagement communautaire (en anglais, RCCE pour risk communication and community engagement). C’est la composante de la riposte à une urgence sanitaire qui partage l’information avec les personnes exposées et associe les communautés en tant que partenaires aux décisions sur la manière de réagir.

Quelle est la différence entre communication sur les risques et communication de crise ?

La communication de crise vise généralement à protéger les activités et la réputation d’une organisation lors d’un incident. La communication sur les risques s’attache à aider les personnes exposées à comprendre une menace et à prendre des décisions éclairées pour se protéger et protéger leurs communautés.

Que signifie boucler la boucle de rétroaction ?

Cela consiste à indiquer aux communautés ce qui a résulté des questions, des préoccupations ou des plaintes qu’elles ont exprimées. Sans cette étape, les gens cessent de donner leur avis, faute de voir une réponse.

Qui doit piloter la CREC en situation d’urgence ?

Ce sont normalement les autorités sanitaires nationales qui en assurent la direction, en collaboration avec des partenaires tels que l’OMS, l’UNICEF, la Croix-Rouge et des ONG. L’OMS recommande que la communication sur les risques se voie confier un rôle stratégique attitré au sein de l’équipe de direction de la riposte.

Sources

Chaque lien numéroté de cet article renvoie à l’une de ces sources. Nous avons vérifié chacune d’elles le 11 octobre 2026. Les résumés de textes de loi servent à la planification et ne constituent pas un avis juridique.

  1. 1

    World Health Organization. Risk communication and community engagement.

    Source officiellewho.intVérifié le 11 octobre 2026

  2. 2

    World Health Organization. Communicating risk in public health emergencies : a WHO guideline for emergency risk communication (ERC) policy and practice (2018).

    Source officiellewho.intVérifié le 11 octobre 2026

  3. 3

    International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies (IFRC). A Red Cross Red Crescent Guide to Community Engagement and Accountability (second edition) (2021).

    Source officielleifrc.orgVérifié le 11 octobre 2026

  4. 4

    UNICEF. Minimum Quality Standards and Indicators for Community Engagement.

    Source officielleknowledge.unicef.orgVérifié le 11 octobre 2026

  5. 5

    IFRC. IFRC Feedback Kit, Module 1 : Community feedback, why bother? (2022).

    Source officiellecommunityengagementhub.orgVérifié le 11 octobre 2026

  6. 6

    World Health Organization. Marburg virus disease - Rwanda (Disease Outbreak News) (2024).

    Source officiellewho.intVérifié le 11 octobre 2026

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